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22 février 2018

Le kimono Ume, fleurs de février - Séance d'habillage


Vous avez découvert il y a quelques semaines, le projet "Une année en kimono" avec la première aquarelle d'un kimono rouge et ses grues du Japon.
Je vous dévoile aujourd'hui le deuxième kimono de l'année, bleu avec des fleurs de prunier ou d'abricotier du Japon, des fleurs "ume" qui fleurissent fin de l'hiver, avant même les grandes stars du printemps, les cerisiers du Japon.

Beaucoup plus parfumées que les fleurs de cerisier, les fleurs "ume" (prononcez "oumè") font aussi l'objet de contemplation dans les parcs et jardins. Tandis que la fleur de cerisier ne donne pas de fruit, la fleur ume donne un fruit entre prune et abricot, dont on fait de l'alcool "umeshu" 梅酒 ou des umeboshi 梅干し, sorte de prune séchée et salée. Une petite délicatesse terriblement acide et salée dont les Japonais ne peuvent se passer.

La fleur d'ume est également souvent représentée dans les kamon 家紋, les blasons ou armoiries de famille. Et bien évidemment, comme symbole du renouveau et de l'arrivée du printemps, c'est un motif que l'on retrouve abondamment sur les tissus et kimonos.

 

Pour ne plus confondre fleur d'ume et fleur de sakura, que ce soit sur un tissu ou sur un arbre, vérifiez ce détail: la pointe du pétale de la fleur de prunier est ronde, tandis que le bout du pétale de la fleur de cerisier est en pointe avec une petite incision.


Fleurs de prunier "ume"

Fleurs de cerisier "sakura"

Revenons-en au kimono. Dans mon billet précédent, j'évoquais les occasions de porter le kimono. Je vous propose aujourd'hui de passer en revue les différents éléments qui composent une tenue de kimono, ainsi que le quasi-cérémonial de son "enfilage".
Petit préalable: coiffure et maquillage, sauf le rouge à lèvres réservé pour la fin.

Tabi

En premier, on enfile les tabi 足袋, les "sacs à pied" avec de drôles de petites fermetures métalliques, étranges petites chaussettes où le gros orteil est puni et reste séparé des autres. Traditionnellement, le tabi est fait de coton épais et non extensible. Heureusement que de nos jours, grâce à l'élasthanne, on peut se permettre le confort de tabi stretch. Couleur: en principe blanc, parfois noir pour les hommes, et plus rarement en couleur et à motif pour les fashionistas du kimono. Alors, pourquoi en premier? Parce que lorsque la tenue complète est sur vous, atteindre vos pieds devient assez compliqué.

Ensuite, les sous-vêtements dont je vous passe les détails mais cela ressemble à une jupe et un cache-coeur en gaze de coton très léger.

Vient alors le nagajuban 長襦袢, le sous-kimono, généralement blanc ou de couleur claire. La partie du col restera visible après avoir mis le kimono car positionné en léger décalage pour le laisser entrevoir. Le sous-kimono est fermé par une et même plusieurs ceintures légères.

C'est maintenant que l'on enfile le kimono, le pan gauche croisé sur le droit pour les hommes comme pour les femmes (l'inverse est réservé aux morts).

Le kimono est ensuite maintenant fermé par un obi , large ceinture savamment nouée dans le dos et maintenue par des ficelles et autres accessoires invisibles. Le obiage (obiagé), sorte de foulard noué pour maintenir le obi et le obijime (obijimé), sorte de cordon, viennent finir la fermeture du obi.
merci pour votre indulgence... les petites illustrations sont de moi!

Inutile de vous dire que s'habiller en kimono est un véritable art difficile à maîtriser sans une aide et un apprentissage.
Et pour sortir, on met des zori 草履, sorte de tongs à plateau. Ce qui explique enfin les chaussettes à gros orteil séparé. On peut aussi porter un haori 羽織, une veste-kimono s'il fait un peu frais ou encore un manteau pour kimono.

J'espère que cette petite description vous a plu.

Les cartes du kimono à fleurs ume sont sur mon shop demidemishop.etsy.com


Vous y retrouvez la première carte kimono de janvier, et nouveauté: le tote-bag en coton assorti!



Vous pourrez en savoir plus sur l'artiste Yoshiko Kono sur mon site www.demidemi.be
A bientôt!

2 février 2018

Une année en kimono - Les grues du Japon



Je pense pouvoir compter sur les doigts de la main le nombre de fois où j'ai porté un kimono dans ma vie de demi-belge, demi-japonaise.
Au mariage de ma soeur, à ma "majorité japonaise" (20 ans) pour la cérémonie du "seijin shiki", lors de Nouvel An pour des photos souvenirs, à l'inauguration d'un salon dont je ne souviens plus du sujet, avec la présence du Premier Ministre belge de l'époque, Jean-Luc Dehaene (c'est dire que cela date), ainsi que le yukata (version légère du kimono, en coton pour l'été) lors de fêtes populaires au Japon.


Mais qu'est-ce qu'un kimono exactement? 

Depuis que je travaille des tissus de kimono pour mes créations demi demi, on m'a posé plusieurs fois la question. Je suis loin d'être une experte en la matière. Je vais donc essayer de vous initier à l'univers du kimono de manière simple et basique.

Kimono 着物 signifie littéralement "chose que l'on porte" et désigne le vêtement traditionnel japonais. Généralisé au XIVe siècle, il est devenu, avec l'apparition de la mode occidentale, un vêtement réservé aux événements traditionnels.
Depuis ses origines, le kimono suit une codification qui a évolué au fil des siècles, mais son choix et la manière de le porter comportent toujours des messages sociaux précis. Furisode, homongi, kurotomesode, komon... Savoir porter le bon kimono pour la bonne occasion est un art qui s'enseigne dans des écoles spécialisées. L'engouement pour ce genre de formation témoigne de l'importance que le kimono a gardé dans la société japonaise.

Aujourd'hui, rares sont ceux qui portent le vêtement traditionnel au quotidien. Seuls quelques irréductibles, ainsi que des professionnels comme les prêtres shinto et moines bouddhistes, les geishas, les sumos, certains artisans et artistes, ou encore dans le domaine de la gastronomie et de l'hôtellerie de tradition japonaise, portent le kimono comme un vêtement de travail.


Une année en kimono, le projet

Après cette petite introduction au monde du kimono, je vous dévoile un nouveau projet de collaboration qui devrait s'échelonner sur toute l'année 2018. C'est ma mère, Yoshiko Kono, qui est au centre de ce projet. Ancienne hôtesse de l'air et insatiable globe-trotter, ma mère est aussi une artiste aquarelliste. Vous pourrez découvrir son parcours et univers artistique en cliquant ici.

L'idée est de vous proposer tous les mois une illustration en aquarelle d'un kimono. Chaque mois, cette aquarelle sera mise en vente sur mon e-shop sous forme de cartes imprimées, ainsi qu'au fur et à mesure de l'année et des demandes, sous d'autres formes.


Pour inaugurer cette série de kimonos, je vous présente la première aquarelle de l'année: un kimono rouge avec des grues du Japon. 
Les fameux "tsuru" 鶴 que vous connaissez certainement en version papier plié ou origami, sont des oiseaux échassiers menacés d'extinction, alors qu'ils sont symboliquement très présents dans la culture japonaise. Un conte japonais "tsuru no ongaeshi" ("la grue reconnaissante") raconte une histoire terriblement triste où il est question de gratitude, de promesse et de sacrifice.
La compagnie aérienne Japan Airlines a choisi la grue comme logo, tandis qu'on pouvait voir des "tsuru" sur les billets de 1000 yens des années 80.

En tant que symbole de longévité et de bonne fortune, c'est un motif que l'on retrouve très souvent sur les kimonos, notamment de cérémonie ou de mariage, mais aussi sur les kimonos ou sur la ceinture de kimono "obi", au Nouvel An.

Pour souhaiter un bon anniversaire, déclarer votre flamme ou tout simplement écrire à quelqu'un qui vous est cher, vous pouvez acheter une ou plusieurs cartes du kimono "tsuru", sur mon e-shop ici.
Nous nous retrouverons dans quelques semaines pour un deuxième kimono et son histoire.


A bientôt!

10 mars 2017

demi demi Shop: entrez, c'est ouvert! / Japan made in Belgium




Voilà, ça y est. Un peu plus rapidement que prévu, pas aussi parfait que je l'aurais voulu. Mais comme je l'apprends tous les jours dorénavant, le monde de l'entreprenariat n'est jamais parfait. Un seul mot d'ordre: se lancer!

J'ai donc le plaisir de vous annoncer l'ouverture de mon e-shop "demi demi" sur Etsy: vous y trouverez des pochettes et des coussins fabriqués avec du tissu de kimono vintage.
Demi-belge, demi-japonaise, je suis une "demi demi". Mon blog commencé en 2011 est fondé sur cette identité de "demi demi". C'est cette réflexion à propos de la double culture qui me confortera dans l'idée de développer un projet belgo-japonais basé, d'une part sur la création, et d'autre part sur la culture japonaise.
Le véritable élément déclencheur du projet est une manche de kimono, peinte et brodée à la main, provenant d'un kimono appartenant à ma grand-mère.
Ainsi va la vie des kimonos. Aussi précieux soit-il, un kimono qui n'est pas porté et dort dans le fond d'un tiroir est un kimono en danger. La soie, la broderie, la teinture, la peinture à la main sont autant de délicatesses qui ne supportent pas l'oubli et l'indifférence.
Mon idée est de réveiller ces trésors endormis et de leur donner une seconde vie, sous forme de coussin décoratif, de pochette, de sac ou de foulard...


Tous les tissus que j'utilise sont en soie. Ils proviennent de rouleaux de tissu destinés à la confection de kimono, ou de kimono décousus et défaits en coupons. Ils sont anciens et datent d'après-guerre jusqu'à la fin de l'ère Showa (fin des années 1980). Je les sélectionne au Japon et les transforme en Belgique, dans mon petit atelier de couture à Bruxelles.
Trêve de bla-bla, je vous invite à découvrir mon nouvel univers sur ma boutique en ligne.

Je me remets rapidement à ma machine à coudre, car j'ai un nouvel arrivage de tissus. Et même si je serai encore ici sur ce blog avec des gâteaux et de la couture, je reviendrai régulièrement avec d'autres sujets liés à mon e-shop. J'ai encore tant de choses à vous raconter sur ces fabuleux tissus de kimono!

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